Dior printemps/ été 2020 par Maria Grazia Chiuri
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Pour le printemps/ été 2020, Maria Grazia Chiuri a choisi d’honorer la soeur de Christian Dior, très peu connue du grand public, Catherine, à qui il avait d’ailleurs dédié la création de son parfum iconique « Miss Dior ». Le tout accompagné en musique par la bande originale The Tree of Life d’Alexandre Desplat et Across the Universe des Beatles.

Féministe et engagée dans la Résistance lors de la seconde guerre mondiale (Catherine Dior est arrêtée par la Gestapo et torturée en 1944 ; refusant de parler, elle est donc déportée au camp de Drancy puis à Ravensbrück. Elle est finalement libérée à Dresde, en 1945), elle n’en demeure pas moins féminine. Sa passion ? Le jardinage. Une passion que l’on retrouve dans une des pièces majeures du vestiaire de la Maison, la jupe tulipe. 

Cette atmosphère très jardinière on la retrouve dans la collection mais aussi dans le décor voulu par la designer.e soit : des feuillages, dans un jardin botanique, de la toile de Jouy, du raphia, des fleurs séchées en broderies ou en teintures, du bois, des treillis de jardin, ect. De petits fanions de papiers ont été disposés sur les arbres plantant le décor où on peut lire « planting for future », planter pour le futur.

Le principal élément de cette collection c’est la toile de Jouy, matériau cher à la Maison, qui semble trouver ici toute sa cohérence ; tantôt à rayures, tantôt à carreaux, elle est la matière principale des costumes présentés. La femme Dior est une femme-fleur habillée de robes en mousseline brodées de feuilles et de fleurs, agrémentées par de minuscules perles et portées avec des colliers en bois. Le sac Dior a également été retravaillé avec des motifs de feuilles. Les chapeaux sont en paille, les perforations sur certains vêtements représentent des nids abeilles, espèces en voie de disparition. 

Les cardigans de cachemire sont « tachés » de couleurs végétales – selon la technique d’une artisane italienne qui applique les pétales sur le tissu humide avant de les retirer et d’y contempler leur empreinte. Maria Grazia Chuiri a collaboré avec les équipes du Grand Herbier du Musée d’Histoire Naturelle de Paris pour dessiner les motifs de sa collection.

« Seule la nature et la diversité peuvent nous libérer. Il me semblait indispensable d’inscrire notre héritage au cœur des enjeux actuels. Les fleurs et les plantes ne sont pas simplement des ornements décoratifs, ils sont l’essence de notre environnement. Nous avons le devoir d’en prendre soin, aujourd’hui plus que jamais », explique Maria Grazia Chiuri. 

Quid de ces motifs Tye and dye ? La designer faisait référence à Monte Verità, une communauté située en Suisse, composées d’artistes et de penseurs (surtout des utopistes) qui au début du XXème siècle souhaitait vivre en harmonie avec la Nature. 

Dans cette mouvance, Maria a choisi de réutiliser des vestes déjà vues dans des saisons précédentes, à l’instar de la veste bar, les robes patineuses en pied de coq, le jupon en tulle, le Saddle (sac créé par Galliano il y a plusieurs années de cela) des silhouettes très féminines en somme et bucoliques revisitées : «Nous voulons proposer des créations qui ne se démodent pas au bout d’une saison et, à travers les défilés, nous montrons aux clientes comment les mixer pour les réactualiser. C’est aussi ça, la durabilité Dior. »

Un défilé qui veut porter haut les valeurs de l’écologie avec la création d’un arboretum de 164 arbres de plusieurs espèces différentes sur la pelouse de l’hippodrome de Longchamp, où chaque arbre, choisi par le collectif Coloco – composé d’urbanistes et de paysagistes – sera replanté en Ile-de-France. La Nature est bien au coeur de ce défilé et plus largement au coeur de la profession où chacun se targue de recycler ses matériaux, de créer des vêtements durables, d’avoir une empreinte carbone faible, ou encore d’avoir signé le Fashion Pact. Peut être l’aube d’une nouvelle ère. 

 For spring / summer 2020, Maria Grazia Chiuri has chosen to honor Christian Dior’s sister, little known to the general public, Catherine, to whom he had dedicated the creation of her iconic perfume « Miss Dior ». All accompanied in music by the soundtrack The Tree of Life by Alexandre Desplat and Across the Universe by The Beatles.

Feminist and engaged in the Resistance during the Second World War (Catherine Dior was arrested by the Gestapo and tortured in 1944; refusing to speak, she was deported to the Drancy camp then to Ravensbrück. She was finally released in Dresden, in 1945 ), she is nonetheless feminine. Her passion ? Gardening. A passion that we find in one of the major pieces of the House’s wardrobe, the tulip skirt.

This very garden-like atmosphere is found in the collection but also in the decor desired by the designer.e either: foliage, in a botanical garden, Jouy canvas, raffia, dried flowers in embroidery or dyes, wood, garden trellis, ect. Small flags of paper were placed on the trees setting the scene where we can read « planting for future ».

The main element of this collection is the Jouy canvas, a material dear to the House, which seems to find its consistency here; sometimes striped, sometimes checkered, it is the main material of the costumes presented. The Dior woman is a flower woman dressed in chiffon dresses embroidered with leaves and flowers, embellished with tiny pearls and worn with wooden necklaces. The Dior bag has also been reworked with leaf patterns. The hats are made of straw, the perforations on certain garments represent honeycombs, endangered species.

Cashmere cardigans are « stained » in plant colors – the technique of an Italian craftswoman who applies the petals to the damp fabric before removing them and gazing at their imprint. Maria Grazia Chuiri collaborated with the teams of the Grand Herbier of the Museum of Natural History in Paris to draw the patterns for her collection.

“Only nature and diversity can set us free. It seemed essential to put our heritage at the heart of today’s challenges. Flowers and plants are not just decorative ornaments, they are the essence of our environment. We have a duty to take care of it, today more than ever, « says Maria Grazia Chiuri.

What about these Tye and dye patterns? The designer was referring to Monte Verità, a community located in Switzerland, composed of artists and thinkers (especially utopians) who at the beginning of the 20th century wanted to live in harmony with Nature.

In this movement, Maria has chosen to reuse jackets already seen in previous seasons, like the bar jacket, the skater dresses at the foot of the rooster, the petticoat in tulle, the Saddle (bag created by Galliano ago several years ago) very feminine silhouettes and bucolic revisited: « We want to offer creations that do not go out of fashion after a season and, through the fashion shows, we show customers how to mix them to update them. This is also Dior durability. « 

A show that wants to carry high the values ​​of ecology with the creation of an arboretum of 164 trees of several different species on the lawn of the Longchamp racecourse, where each tree, chosen by the Coloco collective – composed of urban planners and landscapers – will be replanted in Ile-de-France. Nature is at the heart of this show and more broadly at the heart of the profession where everyone prides themselves on recycling their materials, creating sustainable clothing, having a low carbon footprint, or having signed the Fashion Pact. Maybe the dawn of a new era.

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