Paris. Dior. Haute couture. Printemps/ été 2011. L’hommage de Galliano à René Gruau.
Papiers

Lorsque Christian Dior décide de fonder sa Maison, la France sort tout juste de la guerre, la population est encore soumise au rationnement et New-York a ravi à Paris le titre de capitale de la mode, son influence avec. L’heure est à la reconquête d’un idéal national, entaché alors par l’occupation allemande et les multiples défaites et capitulations de l’armée française.

Paris, centre névralgique du pouvoir et de l’influence, va reconquérir sa place de puissance culturelle grâce à une nouvelle génération de cinéastes, d’artistes peintres mais également de couturiers, parmi lesquels on compte bien sûr Dior mais aussi Balmain et Chanel.

L’Etat français contribue largement au renouveau de nombreuses maisons de couture de 1952 à 1959, bien qu’économiquement la France ne soit pas encore remise sur pieds. Christian Dior va donc en profiter pour ouvrir des boutiques de prêt-à-porter à New York et à Londres, dans une stratégie de conquête internationale. La France avait toujours été connue pour son industrie du luxe, il s’agissait donc de renouer avec son passé.

C’est dans une France en reconstruction que Dior va imposer un nouveau style et créer l’événement dès sa première présentation couture. En s’associant au dessinateur et affichiste René Gruau, il diffuse et imprime sa marque dans l’imaginaire français, notamment par la création du parfum Diorella. Les deux compères se sont connus au Figaro en 1930, lorsqu’ils étaient illustrateurs.

Christian Dior établit le style dit New-look, défini ainsi par une journaliste du Harper’s Bazaar américain, Carmel Snow, ce qui marquera le retour du rayonnement international du savoir-faire français. Il rompt ainsi avec l’idéal de la femme coco Chanel, qu’il qualifie de mode pratique, pas assez esthétique à son goût. Il peint une silhouette à nouveau corsetée, féminine et fatale, où les courbes sont  désormais  de rigueur. Son idéal était celui

 

 « de femmes-fleurs, aux épaules douces, aux bustes épanouis, aux tailles fines comme des lianes et aux jupes larges comme des corolles. »[1]

 

[1] Christian Dior pour les Actualités françaises, journal télévisé, 03 septembre 1953. Ina.

 

When Christian Dior decides to create his house, France has just come out of war, the population is still subject to rationing and New York has delighted in Paris the title of capital of the mode, its influence with.  This is the time for the Reconquest of a national ideal, vitiated then by the German occupation and the multiple defeats and capitulation of the French army.

Paris, the nerve center of power and influence, will regain its place of cultural power thanks to a new generation of filmmakers, painters but also of designers, among which we account of course Dior but also Balmain and Chanel.

The French State contributes largely to the renewal of many houses of couture from 1952 to 1959, although economically France is not yet discount on feet. Christian Dior will therefore take the opportunity to open the shops of ready-to-wear in New York and London, in a strategy of international conquest. France had always been known for its industry of luxury, so it was to reconnect with its past.

It’s in a France in reconstruction that Dior is going to impose a new style and create the event as soon as its first Couture presentation. In joining the cartoonist and illustrator René Gruau, it broadcasts and prints its mark in the imaginary French, in particular by the creation of the perfume Diorella. The two have been known at the Figaro in 1930, when they were illustrators. 

Christian Dior sets the style called New-look , defined as well by a journalist of  Harper’s Bazaar  American, Carmel Snow,  which will mark the return of the International Radiation of French knowledge. It breaks with the ideal of the woman as Coco Chanel see her, that it qualify from practice mode, not enough aesthetic to his taste. He painted a silhouette to a new corsetée, feminine and fatal, where the curves are now of rigor. His ideal was :

 

« Flower-women, soft shoulders, rivet busts to the fine sizes as lianas and wide skirts as corollas. »[1]

[1] Christian Dior for the French News, TV Journal, September 03, 1953. Ina.

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Dans les illustrations de publicité conçues pour vanter les mérites de la Maison, la femme dessinée par René Gruau supplante le vêtement, le flacon, et en exalte d’autant plus l’esprit. Ce n’est alors plus du matériel que l’on vend, mais une idée, une atmosphère. Et même lorsque la photographie se développe, éclipsant avec elle le dessin, Dior restera fidèle aux illustrations de Gruau.

Ainsi, les dessins de la fameuse veste « Bar » ou des premières lignes de cosmétiques participent toujours d’un imaginaire rêvé, d’une femme qui va bientôt accéder à un rang social plus égalitaire d’avec celui de l’homme. La femme est encore tutelle de l’homme, mari ou père, ne vote pas, ne possède pas de compte en banque, mais enfin elle se prend à rêver de liberté.

Sa silhouette, sa toilette, son attitude, son celles d’un féminin assumé, ne demandant qu’à se libérer du carcan du foyer. Elle existe, et compte bien le démontrer, par des attitudes d’un sensualisme qui n’est plus réprimé, mais manifeste. C’est en cela que cette association entre ses deux hommes aura tant marqué, par la modernité dont ils se sont appropriés, et cela même si Christian Dior devait décéder dix ans après la création de la marque.

Pour l’heure, c’est assisté de Pierre Cardin que Christian Dior présente le 12 février dans un salon situé avenue Montaigne, sa première collection, composée de quatre-vingt-dix modèles. C’est grâce au soutien du financier Marcel Boussac qu’il dévoile les lignes  « Corolle » et « 8 », dont l’éponyme tailleur « Bar » composé d’une jupe longueur mi mollet et d’une veste à basque. Veste qualifiée de « Bar » car alors les femmes changeaient de vêtements plusieurs fois par jours. Ces créations étaient alors destinées à être portée en fin de journée pour boire des cocktails au bar.

Dans la vidéo de présentation des Actualités françaises, outre le fait que l’on puisse se réjouir de découvrir ce que représentait un défilé à l’époque, et se plaire à le comparer au show de John Galliano, on découvre une présentation privée, mais télévisée, ce qui s’accorde au souhait de Dior d’ancrer son empreinte dans l’imaginaire de la mode à la française. Séduire oui, mais au-delà de la sphère bourgeoise. On ne vend pas que des vêtements, mais une façon de considérer le féminin.

 

In the illustrations of advertising designed to extol the virtues of Dior, the woman drawn by René Gruau supplants the garment, the vial, and exalts all the more the spirit. This is then no more of the material that is sell, but an idea, an atmosphere. And even when photography will arrive, eclipsing with it the drawing, Dior will remain faithful to the illustrations of oatmeal.

Thus, the designs of the famous jacket » bar » or of the first lines of cosmetics always participate to a dreamed imaginary, of a woman who will soon be able to access to a social rank more egalitarian, with that of the man.  The woman is still guardianship of the man, husband or father, does not vote, does not have a bank account, but finally it allows to dream of freedom.

Silhouette, toilet, attitude of assumed feminism, is not requesting to liberate from home shackles. It exists, and it’s well demonstrated, by the attitudes of a sensuality which is no longer suppressed, but manifest. It’s in this that this association between these two men will be so marked, by the modernity which they are appropriating, and this even if Christian Dior were to die ten years after the creation of the brand.

For the time being, it is assisted by Pierre Cardin that Christian Dior presents the 12 February in a lounge located on Avenue Montaigne, its first collection, composed of four and about twenty models. It is thanks to the support of the financial Marcel Boussac that it unveils the lines « Corolla » and « 8, » including the tailor the eponymous « bar » composed of a skirt length mid-calf and a jacket to Basque. Qualified jacket of « Bar » because then, women changed clothes several times by days. These creations were then intended to be scope at the end of the day to drink cocktails in the bar.

In the presentation video of the French News – in addition to the fact that we can rejoice to discover what a fashion show was at the time, and to compare it to John Galliano’s shows – we discovers a private presentation, but televised, which corresponds to Dior’s desire to anchor his footprint into the imaginaire of French fashion.  Seduce yes, but beyond the bourgeoisie sphere. He does not only sell clothing, but a way of viewing women.

Le tout, est parfaitement bien orchestré, dévoilant les pièces de la ligne au fur et à mesure. Tout d’abord par le biais d’un plan en plongée au travers d’une rampe d’escalier à la Guimard[1],  cadrant sur les chevilles des jeunes mannequins alors dénudées de quarante centimètres du sol, insistant ainsi sur la sensualité d’une femme Dior, et le léger parfum de scandale qui s’en dégage, pour une longueur de jupe jugée plutôt indécente pour l’époque.

On assiste alors à la visite de quatre mondaines chez une amie, au cours d’un après-midi, se préparant à une soirée de la haute société – ce qui permet soit dit en passant de découvrir plusieurs tenues différentes et donc, plusieurs modèles. Cette brève annonce se conclut comme elle a commencé,  par la montée et la descente de l’escalier correspondant à l’entrée et à la sortie de scène.

Ce New Look, nom de la silhouette de parisiennes mondaines et élégantes, est caractérisé par une taille fine très marquée, une poitrine ronde et haute, des épaules douces et étroites, une silhouette de femme fatale qui tranche avec le look à la garçonne institué par Chanel quelques années auparavant. Style qui s’était construit au cours des années 1930/ 40, marquées par le rationnement et l’austérité, où les jupes étaient alors étroites, les corsets disparus, la poitrine, signe de l’abondance, cachés sous le tissus, peu généreuse voire plate, la silhouette longue et les épaules carrées. Dior écrit dans ses mémoires :

 

« Nous sortions d’une époque démunie, parcimonieuse, obsédée par les tickets de rationnement. Je voulais que mes robes fussent « construites », moulées sur les courbes du corps féminin dont elles styliseraient le galbe. J’accusais la taille, le volume des hanches, je mis en valeur la poitrine. Pour donner plus de tenue à mes modèles, je fis doubler presque tous les tissus de percale ou de taffetas, renouant ainsi avec une tradition depuis longtemps abandonnée ».[2]

 

Ce qui a pu scandaliser d‘ailleurs, aux vues de la proportion de tissu utilisée pour chaque pièce et du gâchis que cela représentait pour certains. Après une énième guerre mondiale, où dominait l’uniforme, Dior imagine pourtant un retour aux rondeurs, au luxe et à l’opulence.

 

[1] Hervé Guimard, architecte français, à l’origine du style parisien art déco, qui orne façades de la ville, bouches de métro et intérieurs.

[2] Christian Dior & moi, Christian Dior. Vuibert, 2011.

 

 

The whole is perfectly orchestrated, unveiling the pieces of the collection as the show progresses. First of all through a diving plane through a ramp of stairs in the style of Guimard[1], focusing on the ankles of the young mannequin, naked forty centimeters from the ground, therefore insisting on the sensuality of a Dior woman, and the slight scent of scandal which emerges from a skirt length judged rather indecent at the time. 

We then witness the visit of four mondaines at a friend’s house, during an afternoon, preparing for an evening with members of high society – which incidentally allows us to discover several different outfits and therefore several models. This brief announcement concludes as it began, by the raising and lowering of the stairs corresponding to the stage entrance and exit.

This  new look ,  Parisian mondaines  and elegant silhouettes, is characterized by a fine size very marked, a round chest and high, soft and narrow shoulders, a fatal style with the look in opposition with the garçonne one, instituted by Chanel a few years previously. The look which was built during the 1930’s, marked by the rationing and austerity, where the skirts were close to bodies, missing corsets, chest, sign of the abundance, hidden under the tissues,  flat shoes and square shoulders. Dior wrote in his memoirs: 

 

« We were coming out of a poor and sad era, obsessed by the tickets of rationing. I wanted my dresses to be « built », molded on the curves of the female body which enhance the shape. I was accusing the size, the volume of  hips, I put in value the chest. To give more held in my models, I double almost all the tissues of percale or taffetas, thus renewing ties with a traditional long, since abandoned. » [2]

 

The scandal came from, the proportion of tissue used for each part and the waste that it represented to some people. After world war, where dominated uniforms, Dior imagined a return to curves, luxury and opulence.

[1] Hervé Guimard, French architect, to the origin of the parisian style Art Deco, which adorns the facades of the city, undergrounds and interiors.

[2] Christian Dior & Me, Christian Dior. Vuibert, 2011.

La silhouette Dior ce sont donc des robes bustiers, des volumes larges, une taille très marquée, beaucoup de tissu, (quarante mètres de circonférence pour le modèle phare Diorama) d’épaisseur, de féminité, de couleurs franches et affirmées.

Silhouette que l’on retrouve chez Dior par Galliano pour le printemps été 2011 et qui est d’ailleurs perpétuellement réinterprétée par les couturiers au service de la Maison : Marc Bohan en 1987, John Galliano en 2009, Bill Gaytten en 2011 après le départ de Galliano, ou Raf Simons en 2012.

L’idée est pour Dior de mettre en valeur les parties rondes du corps féminin (épaule, poitrine, hanche). Exaltant le savoir-vivre à la française, on invente par la même occasion le « détail-couture » (pinces, incrustations, drapés, nœuds, revers…), sur des robes à la construction rigoureuse, architecturale, nécessitant un certain port de tête. L’allure constitue alors le je ne sais quoi qui imprègne les esprits d’une impression impérissable.

 

The Dior silhouette which is mostly dresses, bustiers, volumes, wide, size very  marked, lot of fabric, (forty  meters in circumference for the flagship model diorama) of thickness, femininity, colors and affirmed.

Silhouettes that are found at Dior by Galliano for the spring / summer 2011, have been perpetually reinterpreted by fashion designers in the service of the House: Marc Bohan in 1987, John Galliano in 2009, Bill Gaytten in 2011 after the departure of Galliano, or Raf Simons in 2012.

The idea is for Dior to emphasize round parts of female body (shoulder, chest, hips). Exalting french knowledge, they invent by the same occasion the « detail-couture » (clamps, inlays, drapes, nodes, setbacks…), on dresses of rigorous construction, almost architectural, requiring a certain body elegance. Look constitutes the je ne sais quoi which prints in minds an imperishable style.

René Gruau a, selon John Galliano, capturé le style et l’esprit Dior, tout en mouvements, avec la représentation d’une Parisienne chic, servant d’étendard au New Look, aux couleurs qui définiront la femme fatale par excellence : le rouge, le noir et le blanc.

 

« Cette collection a été inspirée par la merveilleuse et longue complicité entre Christian Dior et l’illustrateur René Gruau. Dior lui avait donné carte blanche pour interpréter son travail, sa ligne et cette silhouette qui l’aida à définir le new-look. J’ai fouillé dans les archives de René, tant j’aime la qualité de ses illustrations et sa manière de détourer ses personnages. Le sujet semble jaillir de la page. Quand vous avez la chance de regarder ses dessins de près, vous voyez avec quelle complexité les couleurs sont appliquées. Parfois, juste pour réaliser un noir, il faut peut-être cinq couleurs. L’ensemble est un hymne à la maîtrise du trait, à la complexité architecturale, à cette quête de beauté chère à l’illustrateur et au couturier. »[1]

 

Codes que Galliano a su réinventer à la fois avec audace et respect de l’atmosphère fin de guerre. Il présente début 2011 une collection haute couture — sa dernière — en hommage aux effets ombrés, contrastés et couleurs en clair-obscur, au trait noir et épais qui cerne la silhouette des débuts de la Maison, reprise et diffusée par les illustrations de Gruau.

 

[1] John Galliano, en backstage du défilé Dior haute couture pour le printemps/ été 2011.

 

 

René Gruau has, according to John Galliano, captured Dior style and spirit, all in movement, with the representation of a Parisian chic, serving as a banner the new look, colors that will define the Fatal Woman by excellence: red, black and white.

 

« This collection has been inspired by the wonderful and long complicity between Christian Dior and the illustrator René Gruau. Dior had given him no limits to interpret his work, his line and this silhouette which helped define the new-look. I searched in the archives of René Gruau, I liked the quality of his illustrations and his way of cropping characters. The subject seems to spurt out of the page. When you have the chance to watch his drawings closely, you see with what complexity the colors are applied. Sometimes, just to make a black, it may require five colors. The whole is a hymn to the mastery of stroke, to the architectural complexity to this quest for beauty from the illustrator to the couturier.  » [1]

 

Galliano has been able to reinvent codes with both audacity and respect of the atmosphere of the end of the war. He presents for 2011 an haute couture collection – his last – in tribute to the shadow effects, mixed and colors in chiaroscuro, respecting black and thick which identifies the silhouette of the beginning of Maison Dior, resumption and disseminated by the illustrator.

[1] John Galliano, in backstage of the Dior Couture show for spring/ summer 2011.

Comme toujours, le show Dior par Galliano a quelque chose de théâtral, à la fois dramatique et très narratif. Le couturier anglo-saxon rend hommage à l’illustrateur René Gruau, dont les dessins aux traits précis et spontanés, sont ceux qui ont le plus souvent illustré le courant New Look emblématique de la maison Dior.

Mais puisqu’il s’agit d’un défilé haute couture, les références à cette silhouette marquée à la taille par une veste cintrée et une jupe corolle, sont traitées de manière hyperbolique. On accentue les volumes, les attitudes, les épaisseurs de tissus, les couleurs.

Ainsi, pour l’été à venir, Galliano a misé sur la couleur, étirée sur le vêtement à la manière d’une gouache sur une feuille de papier. On retrouve donc des dégradés de rouge ou encore de violine à la verticale, et à l’horizontale, sur des volumes aux arrondis généreux, aux tissus abondants et fort bien maitrisés.

La jupe se porte sous le genou, à la manière des femmes des années 1940. Et lorsqu’elle arbore un volume conséquent, sur certaines silhouettes, elle a quelque chose d’à la fois rigide et léger. Un travail aérien consolidé par le choix des matières (tulles, soies).

Les robes aux couleurs franches se parent d’un halo de tulle noir, comme si le contour avait été dessiné au fusain par René Gruau lui-même. En version haute couture, la silhouette New Look est marquée à la taille d’une ceinture en croco, se pare de couleurs intenses rappelant  les imprimés façon trait de crayon noir, illuminé de paillettes donnant du relief et du volume aux robes.

Les visages des mannequins sont redessinés à la manière des illustrations de René Gruau : lèvres laqués de rouge, sourcils redessinés, long et opiniâtres, chignons et teint d’albâtre.

Les superpositions de voiles et de tulles et les fondus de couleurs, dessinent une silhouette aux contours vaporeux, comme une esquisse. Le New Look revit jusque dans l’attitude des mannequins, qui décomposent leur démarche et poses comme des femmes d’opéras, une main sur l’épaule et le visage en biais, expressif, devant les photographes. Les silhouettes se terminent d’une coiffe plume en forme de trait de crayon, signées du chapelier anglais Stephen Jones.

 

 

As always, the Dior show by Galliano has something theatrical, both dramatic and very narrative. The anglo-saxon designer pays tribute to the illustrator René Gruau, whose drawings to the specific traits and spontaneous, are those who have the most often illustrated the current and emblematic New Look.

But since it’s an haute couture show, references to this silhouette marked to the size by a waisted jacket and a corolla skirt, are treated in a hyperbolic manner. It accentuates volumes, attitudes, thicknesses of fabrics, powerful colors.

As well, for the summer to come, Galliano has relied on the color, stretched, on the garment in the manner of a gouache on a sheet of paper. It therefore found gradients of red or purple to the vertical and horizontal, in volumes to the generous rounded, tissues, abundant and very well mastered.

Skirts are under knees, in the manner of the women of the 1940s. And when it boasts a volume result, on certain silhouettes, it has something of both rigid and light. An aerial work consolidated by the choice of contents (tulles, bristles).

Dresses with colors are a parent of a halo of black tulle, as if the outline had been drawn on the charcoal by René Gruau itself. In Haute Couture version, the New Look Silhouette is marked to the size by a seat belt in croco of intense colors recalling the printed way stroke of the black pencil, illuminated of glitter giving volume to the dresses.

Faces of the dummies are redrawn in the manner of the illustrations of René Gruau : lips lacquered of red, eyebrows redrawn, long and strenuous, buns and complexion of alabaster.

Overlays of sails and tulles and color blends, draw a silhouette to wispy contours, as a sketch. New Look comes back to life from clothes to the attitude of mannequins, which decompose their approach and exposures as women of operas, one hand on the shoulder and obliquely faces, expressive, in front of photographers. Silhouettes end with a pen cover in the form of a pen stroke, signed of the Mad Hatter English Stephen Jones. 

Un hommage exceptionnel à l’essence de la maison Dior, qui va plus loin que les hautes sphères de la couture, et fait écho à une tendance qui gagne de plus en plus de terrain: celle du retour à la féminité assumée, suggérée plus qu’exhibée, notamment par le biais du dessin de la taille féminine à la fois fine et marquée, du travail des tissus aérien mais abondant, une silhouette furtive que l’on a pu découvrir notamment dans la série à succès Mad Men. Un retour vers le Féminin.

 

« En apparence, le travail de Gruau semble accompli sans effort, mais en réalité, il est fait avec détermination et autorité. Pour moi, c’est une bible ! Vous savez que j’ai failli devenir illustrateur… Là où se trouve la lumière, j’utilise par exemple un rouge, et là où s’inscrit l’ombre, des superpositions de tulle dessinent les passages. L’ensemble recrée le style de l’illustration de René Gruau. Lors du show, on a pu voir des ombres portées rouges comme dans certains de ses dessins. Les broderies évoquent ces touches au pinceau avec lesquelles il pouvait achever, d’une façon presque ébauchée, le dessin d’une jupe. Elles font écho aux codes de la maison mais sont totalement contemporaines, parce que, en évoquant ce rythme du trait propre à René Gruau, elles illustrent une nouvelle façon de les travailler. »[1]

 

 

 

Photographies Dior Haute couture pour le printemps/ été 2011 copyright Imaxtree

Illustrations Dior par René Gruau copyright http://www.renegruau.com/ officiel

Vidéo des Actualités françaises copyright Ina

[1] Ibid.

 

 

Special tribute to the essence of the House Dior, which goes further than the higher spheres of the Couture, and echoes a trend which is gaining more and more ground: that is the return to an assumed femininity, suggested more than exhibited, especially through the drawing of women size at the time, fine and marked, through the work of tissue and abundant air, a stealth silhouette that we rediscover in the Mad Men show. A come back to feminism. 

 

« In appearance, Gruau’s work seems accomplished without effort, but in reality, it was done with determination and authority. For me, it is a bible! You know that I almost become an illustrator… where is located the light, I use for example a red, and where is the shadow, overlays of tulle draw the passages. The whole recreates the style of René Gruau illustrations. During the show, we have been able to see shadows red staves as in some of his drawings. Embroidery evoke these keys with a brush with which he was able to achieve, a way almost drafted, the drawing of a skirt. They echo to the codes of the House but are totally contemporary, because, in referring rhythm of René Gruau pencil lines, they illustrate a new way of working. » [1]

 

 

 

 

Photographs Dior Couture for the spring/ summer 2011 Copyright Imaxtree

Dior Illustrations by René Gruau Copyright   official Http://www.renegruau.com/ 

Video of the French news Copyright ina

[1] Ibid.

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